jeudi 23 septembre 2010

De l’influence du Japon sur les barbotines (majolica) : le courant japoniste

Aidjolate Antiquités
du 1 octbre au 29 novembre 2010
Marché Paul Bert Stand 79 Allée 6


De la commode en laque du Japon livrée pour Marie de Leszczynska en 1737 au décor à la pagode des faïences de Rouen, le second quart du XVIIIe siècle avait déjà rendu au Japon un bel hommage. Lorsque renaît cette influence sous le Second empire, elle se revêt d’une verve propre à la révolution industrielle que connaît alors l’Europe occidentale, animée d’une volonté de retrouver des procédés, de reproduire des formes, voire même de tromper l’œil. Un véritable goût s’affirme pour l’art mais aussi la culture du Japon.

Entre historicisme et orientalisme, la céramique de la seconde moitié du XIXe siècle nous livrent de nombreux exemples de cette influence japonaise, portée par des recueils, des revues, des articles et surtout des personnalités comme Emile Guimet (1836-1918), Samuel Bing (1838-1905), Louis Gonse (1846-1921) ou les frères Goncourt. Ils contribuent à former en occident l’image d’un Japon artistique – revue que Bing créée en 1888 – à même de renouveler la création occidentale. C’est grâce à ces intermédiaires entre le client, l’amateur et les artistes qu’un goût pour le Japon prend forme.









le japon artistique
Revu crée par Samuel Bing
Couverture du 19 novembre 1889





Les expositions internationales de New York, de Londres, de Paris, de Vienne marquent profondément les esprits et le regard des artistes sur la création nippone. A la suite de la réouverture du Japon et au lendemain de son premier accord avec la France en octobre 1858, de très nombreuses œuvres d’art Tokugawa sont introduites en France. Les échanges entre l’extrême Orient et l’Europe occidentale s’intensifient entre 1860 et 1870 : les relations diplomatiques et commerciales facilitées permettent alors aux occidentaux de recevoir la culture japonaise dans sa totalité et non plus par bribes.
La passion pour les arts du Japon s'installe peu à peu en Occident, supplantant le goût pour ceux de la Chine devenus déjà bien populaires. L’inspiration venue de l’Orient imaginé ou rencontré se transforme en influence. C’est à Philippe Burty que l'on doit le terme de Japonisme, titre qu'il avait donné à une série d'articles publiés à partir de 1872 dans la Renaissance littéraire et artistique.
Vingt ans après l’ouverture des ports japonais aux étrangers, des voyages d’études sont organisés par des amateurs et des industriels ainsi Enrico Cernuschi en 1871, Samuel Bing en 1876 et surtout l'expédition d'Emile Guimet qu’il illustre par ces promenades japonaises. Ces voyageurs, à leur retour, font partager leurs découvertes et transmettent leur enthousiasme. Ces voyages font également d’eux de grands collectionneurs ; les actuels Musées Cernuschi et Guimet en témoignent.
Les années 1870 voient l’engouement se confirmer et s’amplifier. L’exposition universelle de Paris en 1878 met plus que jamais à l’honneur le Japon tandis que les arts industriels deviennent la vitrine de son influence.


« Le Japon nous emprunte nos arts mécaniques, notre art militaire, nos sciences, nous lui prenons ses arts décoratifs . »



C’est dans cet esprit que Laurence et Denis ont réuni quelques chefs-d’œuvre de leur collection le temps d’une exposition. Les œuvres qu’ils ont sélectionnés ne cherchent pas la copie, le pastiche : vous ne verrez pas de décor Kakiemon ou de vase Satsuma. Bien au contraire, il s’agit de faire apparaître le fantasme d’une culture, l’énergie d’une influence à travers des couleurs, des matières, des formes qui ont fasciné les contemporains et qui nous éblouissent encore aujourd’hui.







Aucun doute c’est bien en France que sont fabriqués tous ces vases, ces panneaux, ces plats. Ils proviennent des plus célèbres fabriques et manufactures de faïence qui ont marqué le Second Empire et les premières décennies de la Troisième République. Réceptives aux différents recueils qui paraissent sur l’art japonais, elles en ont adopté les motifs, repris des éléments sans perdre pour autant de vue la destination de ces objets : offrir un somptueux décor à un vaste vestibule d’entrée, une véranda, un jardin d’hiver…
La fabrique Collinot & Cie du Parc des Princes à Boulogne nous livrent de spectaculaires témoignages de cette influence. Avec Adalbert de Beaumont (1809-1869) son associé, Collinot édite à partir de 1859 le Recueil de dessins pour l’art et l’industrie. C’est à partir de ce florilège d’ornements, de formes, de motifs gravés, en partie inspirés d’œuvres provenant du Japon, que le duo va créer.
Laurence et Denis présentent ici une monumentale paire de cache-pots et deux grands panneaux sortant des fours de la faïencerie. La mise au point de la technique « des émaux cloisonnés et modelés en relief sur biscuit de faïence », breveté en 1864 par Eugène Victor Collinot, lui permet de donner forme à la matière céramique, de lui conférer une densité, un relief totalement inédit.





































Sur fond jaune ou sur fond bleu, faisans, coqs, rochers et pivoines apparaissent avec une intensité qui doit autant à la technique inventée par Collinot qu’à la richesse des émaux qu’il utilise.


Le panneau réalisé à Sarreguemines, à la manufacture d’Alexandre et Paul Geiger nous met face à la richesse de cette influence nippone. Ce sont les vagues stylisées d’Hokusaï que nous ressentons sur ce splendide panneau. Les estampes du célèbre japonais furent largement diffusées à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1867. Elles animèrent les esprits les plus créatifs.



Savamment pensée, la composition adopte un horizon élevé dont seule la taille des oiseaux nous permet d’apprécier son éloignement. L’ensemble est simple, minimal à l’exemple des estampes d’Hiroshige. Le peintre céramiste de Sarreguemines n’en oublie pas pour autant la visée décorative du panneau : les différents bleus offrent de puissants effets de contraste tandis que les chantournements des crustacés répondent aux enroulements de l’écume.


Aidjolate Antiquités Membre de la Majolica Internationnal Society, du SNA, expert CNE
Musée de Sarreguemines "Rêves de Japon"

"influence du Japon" Marché Paul-Bert et Serpette aux puces de Saint Oeun


Pour l’automne 2010, du 2 octobre au 29 novembre, les marchés Paul Bert et Serpette (Puces de Saint-Ouen) choisissent de mettre à l’honneur le Japon et son influence sur la culture occidentale et les arts décoratifs. La France et le Japon, dotés tous deux d’une forte tradition esthétique et de savoir-faire artisanaux exemplaires, ont depuis plusieurs siècles échangé en matière de création et d’art de vivre. La diversité et l’éclectisme des marchands de Paul Bert et Serpette permettra de se plonger dans plus de trois siècles d’échange culturel entre ces deux pays et de découvrir pièces emblématiques et courants artistiques du 17ème siècle aux années 80.






Pour plus d'information sur les expositions dans les deux marchés



Soirée privée le 1 octobre

sous le patronage de M. Fréderic Mittérrand,

Ministre de la Culture et de la Communication



Carte Blanche à Pierre Cardin




Carte Blance à Pierre Cardin

du 2 octobre au 29 novembre 2010

Pavillon de lierre - Paul Bert – Allée 6 Stand 81 bis.

96 rue des Rosiers 93 400 Saint-Ouen

Il fête en 2010 les 60 ans de sa maison de couture, continue de dessiner ses collections et d’entreprendre des projets ambitieux dans les domaines de la mode, du design, de l’architecture et du théâtre… Chineur et collectionneur de la première heure, il a décoré nombre de maisons personnelles et aménagé hôtels et restaurants dans le monde entier. Passionné des cultures du monde et grand voyageur, il est le premier couturier à aller au Japon en 1957. Il ne cessera d’y retourner jusqu’à aujourd’hui et y sera fêté à l’automne 2010 pour ses 60 ans de création. Parrain de l’événement, il se prêtera au jeu de la « Carte blanche » en venant chiner parmi les propositions éclectiques des antiquaires de Paul Bert et Serpette, puis en mettant en scène ses choix et coups de cœur sur les deux étages du « pavillon de lierre ». Les visiteurs des marchés pourront découvrir et acquérir les pièces sélectionnées par le plus célèbre des couturiers français.
Pour plus d'info sur l"evenement : http://www.paulbert-serpette.com/fr/

http://www.leparisien.fr/abo-seine-saint-denis/pierre-cardin-chine-aux-puces-de-saint-ouen-13-09-2010-1065827.php

vendredi 17 septembre 2010

ART DE VIVRE ET TRADITIONS CULINAIRES


Françoise -Anne Bachelier, ancienne antiquaire du marché Paul Bert et fondatrice de l’association « Familles de Toqués » organise tous les 2 ans, un concours de terrines, parrainé par les plus grands chefs. Cette année, à son initiative et sous la houlette de Dominique Bouchet, les visiteurs des marchés Paul Bert et Serpette pourront s’initier au mariage des saveurs franco-japonaises et déguster terrines et saké.

Dominique Bouchet, ancien chef de la Tour d’Argent et du Crillon aujourd’hui installé sous son nom à deux pas du Parc Monceau, a créé en 2007 le Wa-Bi Salon. Wa signifie harmonie et paix et Bi exprime délice et beauté. C’est un lieu de découverte de l’art de vivre et des traditions culinaires japonaises. Il sera le coordinateur des dégustations organisées chaque dimanche d’octobre.

Dimanche 3 octobre L’ENTREE par Ichiei Taguma. Jeune chef japonais de 28 ans vient d’arriver en France pour y perfectionner son art, aux côtés de Dominique Bouchet, proposera une terrine aux influences mêlées.
Dimanche 10 octobre LE POISSON par Michel Hache. chef des cuisines du 16 Haussmann.

Dimanche 17 octobre LA VIANDE par François Renaud. ancien chef des cuisines d’un grand hôtel parisien et passionné de terrine de chasse. Il fera déguster une terrine de viande traditionnelle française dont on pourra apprécier la capacité à se marier harmonieusement avec le saké.

Dimanche 24 octobre LE DESSERT par Dominique Bouchet. Terrine de fruits en gelée d’agrume au goût de Nihonshu.

Saké : terme général employé en France pour désigner le vin de riz, Nihonshu. Boisson d’une finesse comparable aux plus grands vins, elle est pourtant assez méconnue du public français. Ce sera l’occasion de découvrir les crus créés en collaboration avec Dominique Bouchet par la maison Fukumitsuya. Né sous l’ère Edo, c’est le plus ancien producteur de Nihonshu de Kanazawa.

Dégustation : une part de terrine & un verre de saké : 5 €

Les dégustations se dérouleront à l’accueil des marchés transformé pour l’occasion en espace dédié à l’art de vivre japonais : Calligraphie japonaise par Yoko Imai. présentation de la vaisselle Arita – Créations contemporaines de Kamachi Démonstration d’Ikébana par Izumi Imamura et cérémonie du thé les samedis d’octobre.

Puces de Saint Ouen
Marché Paul-Bert Serpette
96 rue des Rosiers
93 400 Saint Ouen